
Le programme d’incitation par bons pour camions et bus hybrides et à zéro émission de la Californie (HVIP) est officiellement géré selon le principe du premier arrivé, premier servi, mais les données d’allocation indiquent que l’État oriente une part importante de son soutien vers un seul Model qui n’a pas encore atteint la production en volume.
Selon des données rapportées par le LA Times, la Californie a provisoirement attribué environ 165 millions de dollars en bons spécifiquement pour le Tesla Semi. À titre de comparaison, le deuxième bénéficiaire en importance — le constructeur canadien d’autobus New Flyer — a obtenu environ 68 millions de dollars.
Cette approche permet à Tesla de sécuriser une part importante des financements avant une disponibilité plus large, traduisant un pari selon lequel le Semi pourra évoluer à l’échelle des objectifs de décarbonation du fret lourd de l’État.
Le calcul du « camion gratuit »
Les bons HVIP pour le Tesla Semi vont de 84 000 $ à 351 000 $ par véhicule, selon le statut de l’exploitant et la taille de la flotte.
Bien que Tesla n’ait pas communiqué officiellement ses prix, des documents obtenus par le LA Times laissent entendre un prix de 260 000 $ pour la version Standard Range et de 300 000 $ pour la variante Long Range. Si ces chiffres s’avèrent exacts, un exploitant de flotte remplissant les conditions pour l’incitation maximale pourrait en pratique acquérir un Tesla Semi sans coût net — ou même réaliser un « profit » sur le papier — puisque les bons couvriraient plus de 100 % du coût d’investissement.
Ce financement supplémentaire pourrait être utilisé pour encourager l’adoption du MCS 3.2, les Megachargers nécessaires pour maintenir les semi-remorques chargées et en circulation à la vitesse la plus élevée possible.
Écarter la concurrence
L’allocation a suscité la controverse parmi les concurrents, qui estiment que réserver autant d’argent à Tesla — alors que son camion électrique de classe 8 reste en phase pilote — immobilise des fonds qui pourraient réduire immédiatement les émissions.
Ils soulignent que des constructeurs comme Volvo, Daimler et New Flyer font sortir des véhicules des chaînes d’assemblage dès aujourd’hui, mais que leurs carnets de commandes sont plus modestes que les importantes réservations à l’échelle des flottes que Tesla accumule.
Aucun grand prestataire logistique n’a signé de contrat comparable à l’accord entre DHL et Tesla portant potentiellement sur des centaines de camions de classe 8.
Le pari de long terme
Les régulateurs se concentrent au-delà des volumes de livraison à court terme. Atteindre les objectifs d’émissions de l’État exigera de remplacer des milliers de camions diesel. Les constructeurs historiques ont montré qu’ils pouvaient produire des camions électriques, mais seulement en volumes limités.
Les responsables de l’État ont indiqué que bon nombre de ces commandes Tesla en attente devraient être livrées fin 2026. La stratégie privilégie des livraisons plus importantes plus tard plutôt qu’un flux plus réduit de camions concurrents disponibles aujourd’hui.















Partager:
Tesla pourrait transformer le Cybertruck en fourgonnette de livraison autonome
Tesla ajoute des écrans interactifs pour véhicules dans certains showrooms [VIDÉO]